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Olivier Azzopardi, en toute simplicité.


photo : France Apnée (2014)

Olivier Azzopardi, en toute simplicité.
Lors du dernier championnat de France FFESSM, Olivier Azzopardi est devenu pour la seconde année consécutive Champion de France d’apnée Statique avec 7’08 ». France Apnée a voulu en savoir plus sur cet athlète attachant et discret mais dont le palmarès est déjà très solide depuis environ deux ans (deux titres de champions de France de statique, finaliste au Mondiaux AIDA 2013 et de nombreuses médailles sur le circuit AIDA France).

FRANCE APNEE: Olivier, dimanche dernier tu décroches ton 2e titre de champion de France d’apnée statique. Quelle est ta réaction?
OLIVIER: ça a été une émotion particulière, encore plus forte que pour la 1ere fois. Cette année il y avait beaucoup de monde au dessus de 7′ et je savais avant même de commencer qu’ une place sur le podium serait compliquée; je n avais pas trop suivi les résultats des autres à part la dernière série avec notamment Régis. L’attente du classement officiel a quelque peu duré et quand j ai vu mon nom tout en haut je n ‘y ai pas cru sur le coup mais après un 2eme coup d’oeil j ai compris que c’était bon; ça a été un grand bonheur que j ai tout de suite partagé avec tous mes amis qui étaient présents

FRANCE APNEE: La concurrence était sévère, notamment avec la présence de Régis Scarone, qu’est-ce qui a fait la différence?
OLIVIER: La différence je ne sais pas vraiment, moi je me sentais prêt. J’étais venu que pour le statique et j ai vraiment tout donné sur ma perf; j ai réussi à rester dans ma bulle pour ne pas subir la pression .

FRANCE APNEE: Peux-tu nous raconter ton apnée?
OLIVIER: En fait ça a mal commencé, je suis parti un peu plus gonflé que d’habitude et je n ai pas pu trouver le relâchement habituel sur les 3 premières minutes. Ca m’était déjà arrivé donc je ne me suis pas affolé. Après la lutte a été vraiment difficile, j écoutais la voix de Jérôme, ça aide vraiment d’avoir un contact avec l’extérieur, ça permet l’espace de quelques secondes d’oublier qu’on est seul face a sa souffrance. Après sur la dernière minute c’était la guerre mais je m’étais préparé quelques « ficelles  » pour ne pas craquer: penser à ma famille, à mon fils (dont c’était l’anniversaire et qui voulait que je lui ramène une médaille), à ma petite fille, à Sophie (ma compagne) qui m’a tellement soutenu et permis de pouvoir m’entrainer le plus souvent possible. Puis je sens qu’ il faut sortir, je le fais de suite puis j’envoie le protocole .

FRANCE APNEE: On imagine qu’avec ce 2e titre consécutif de Champion de France tu as dû être sérieusement approché par le staff Equipe de France de la FFESSM. Qu’en est-il? Aimerais-tu participer au championnat d’Europe CMAS?
OLIVIER: Non, je n’ ai eu aucun contact avec le staff de l’équipe de France fédérale.

FRANCE APNEE: Olivier, tu fais partie des rares français à passer les 7′ en statique. Comment l’explique tu? Qu’est -ce qui te plais dans cette discipline par rapport à l’apnée dynamique (avec et sans palme)?
OLIVIER: C’ est difficile à dire je suis quelqu’un de cool dans la vie, je suis capable de me fixer un objet pendant plusieurs minutes sans penser a rien. J’aime les moments de solitudes et l’apnée statique c’est un peu ça finalement. Apres bien sûr derrière il y a l’entrainement, le mental …
En dynamique c’est différent, on est toujours en action il faut avancer toucher un mur revenir toucher l’autre. Je n’aime pas les murs en fait et en statique il y en a qu’un et on ne sait jamais où il est.

FRANCE APNEE: Cette saison tu t’es rapproché de Jérôme Chapelle. Peux tu nous parler de votre collaboration?
OLIVIER: Ça s’est fait naturellement. Après les championnats du monde AIDA de Belgrade où il m’a d’ailleurs coaché sur ma perf. J’ai pris la décision de rejoindre la GG-Team. J’ai vraiment aimé l esprit d’équipe qu’il y règne. Il m a expliqué sa manière de fonctionner et dès le mois d’août les objectifs de la saison et le planning d’entrainement était en place. En plus c’est un spécialiste du statique donc on a vraiment pu échanger nos expériences.
Après j aime aussi le personnage, sa personnalité, le courant est passé tout de suite ainsi qu’ avec le reste de la team. Les stages qu’il a mis en place ont permis de bien se connaître et de faire le point sur le travail déjà réalisé. C’est tout un ensemble qui donne de la motivation de l’ envie et qui fait avancer.

azzo belgrade

FRANCE APNEE: Une semaine après Chartres, on t’a vu très à l’aise en profondeur avec un beau 73m FIM au Nice Abyss Contest. Peux tu nous parler de ton rapport à la profondeur? Comment fais tu pour t’entraîner de côté de Sète?
OLIVIER: La profondeur m’a toujours attirée et m attire de plus en plus. A Nice j’ai vraiment pris un plaisir énorme et j ai découvert des sensations que je n’avais pas encore connues; 35m de chute libre ça c’est du bonheur!
Coté entrainement il n’y en a pas eu, je n’avais plus fait de profondeur depuis 2012 où j’avais fait 67m en poids constant (CWT). J’ ai fait une sortie sur Marseille avec mon club 3 semaines avant le NAC, histoire de savoir ou j’en étais. Ça a donné 60m en FIM, ma discipline préférée. Puis j ai enchainé au Nice Abyss avec 64m à l’entrainement du vendredi, 70m samedi et 73m dimanche.
Du côté de Sète c’est difficile de s’entraîner, il n’y a pas de fond. Sinon l’été on va quelques fois dans l’étang de Thau où il y a le gouffre de la Vise profond de 27m; c est sympa car l’eau est très chargée en matière organique. Elle est verte est à 15 m tu es déjà dans le noir total! C’est impressionnant la première fois mais après on s’habitue, on a l’impression d’être seul dans le néant. C’est une expérience à vivre ( si ça intéresse quelqu’un, je vous y emmène avec plaisir).

FRANCE APNEE: Et « Azzopardi » en dehors de l’eau? As-tu une autre activté physique?
OLIVIER: En dehors de l’eau, je travaille dans la ferronnerie en famille. Je suis un père heureux avec un petit garçon de 5 ans et une chtit fille de 8 mois et une super maman.
Sinon j’adore les sports de plein air, je fais du trail, du vtt et un peu de vélo de route. Mais uniquement au Mont Ventoux, j adore quand ça monte sévère et quand ça descend dru. J’ en profite au passage pour saluer mon ami Nicolas Proquin qui m’a fait partager sa passion du vélo et découvrir cet endroit magnifique.

Olivier et Nicolas Proquin au sommet du Mont Ventoux (août 2013)

Olivier et Nicolas Proquin au sommet du Mont Ventoux (août 2013)

FRANCE APNEE: Pour finir, est-ce que tes projets pour l’an prochain sont déjà définis?
OLIVIER: Mes objectifs sont les suivants: championnats du monde individuel AIDA indoor et/ou outdoor et bien entendu il va falloir défendre mon titre fédéral.
Merci et allez les bleus!

photo : France Apnée (Belgrade, 2013)

photo : France Apnée (Belgrade, 2013)

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