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[INTERVIEW] Rencontre avec Arnaud Jerald


Arnaud, Champion de France 2017  de poids constant en bi-palme

Indiscutablement Arnaud Jerald est la révélation française de l’année. Le Marseillais, qui a découvert l’apnée il y a seulement 3 ans, a débarqué cette année sur le circuit des compétitions d’apnée profonde avec des résultats à couper le souffle. Il était grand temps pour France Apnée de faire connaissance avec ce jeune athlète qui vient d’écrire le premier chapitre de sa carrière à haut niveau. Rencontre…

FRANCE APNEE : Arnaud, c’est ta première interview pour France Apnée et nous aimerions te connaître davantage. Qui est Arnaud Jerald en dehors de l’apnée sportive ? Présentation !

ARNAUD JERALD : J’ai 21ans, je vis à Marseille. Je viens de finir mes études en BTS électrotechnique. J’aime la cuisine, la photographie et les montages vidéos . J’aime aussi depuis mon plus jeune âge les activités en extérieur, en groupe ou seul. J’ai depuis toujours un besoin d’être en contact avec la nature.

FRANCE APNEE : Rentrons dans le vif du sujet, quand as-tu découvert l’apnée et à quelle occasion ?

ARNAUD : Je découvre l’apnée grâce la chasse sous-marine à l’âge de 7 ans aux côtés de mon père comme un passage initiatique ludique vers le monde sous-marin . A 16 ans je participe avec mon père à mon premier stage d’apnée au Massilia Sub à Marseille. Florent Pascal me transmet alors sa passion et sa vision de la mer. C’est pour moi une révélation, à ce moment là je me dis « un jour tu seras apnéiste professionnel ». Tout était tracé ce n’était maintenant qu’une question de temps. Je décide de ne pas m’inscrire dans un club afin de faire plusieurs stages dans des clubs différents. Je vois de multiples façons d’aborder l’apnée, de la pratiquer. Je suis attentif et prends le meilleur de chacun au fils de mes rencontres dans le milieu. Je construis alors ma propre vision de l’apnée.

Arnaud et son père

FRANCE APNEE : Qu’est-ce qui t’a plu dans ce sport ? As-tu un vécu de sportif avant ta rencontre avec l’apnée ?

ARNAUD : Ce qu’il m’a plu dans ce sport c’est tout d’abord la philosophie qu’il faut avoir pour profiter dans ce milieu extrême. Le sport m’a toujours entouré dès mon plus jeune âge. Je fais du VTT en club depuis l’âge de 7ans, j’ai aussi fait 3 ans de natation en club. J’ai également participé à des stages de planches à voiles et catamaran tous les étés de 12 à 17 ans. J’ai pratiqué le monoski, le surf et j’en passe. Toutes ces choses je pense m’ont données un plus pour progresser en apnée profonde.

FRANCE APNEE : Durant ces trois dernières années, tu as appris la profondeur et cette année tu te lances dans le bain de la compétition. Qu’est-ce qui t’a décidé à franchir le pas ?

ARNAUD : Ce qui m’a permis de participer à la compétition cette année, c’est tout d’abord les conseils des apnéistes avec qui je me suis entrainé pendant ces trois dernières années. La compétition était un objectif pour moi, mais je ne pensais pas y arriver aussi tôt avec un tel niveau. Plusieurs personnes qui avaient déjà participé à des championnats du monde m’ont encouragé à découvrir le monde de la compétition. Tout est parti de là.

FRANCE APNEE : Récemment tu nous as dit ne pas avoir de coach mais en tant que sociétaire du Massilia Sub on peut imaginer que l’influence et l’expérience de Morgan Bourc’His ont dû être très importantes. Qu’en est-il ?

ARNAUD : Effectivement, je n’ai jamais eu de coach comme on pourrait l’entendre de manière générale. C’est un choix personnel qui m’a permis d’arriver tout seul à ce niveau. Je n’oublie pas que même si on est seul quand on se lance sous l’eau, mon travail préparatoire s’est construit avec l’ensemble des conseils et avis recueillis des athlètes de haut niveau en apnée ou dans d’autres disciplines, des professionnels de santé que je côtoie. Cette année je me suis inscrit pour la première fois dans un club d’apnée et pas n’importe lequel, le Massilia Sub. Le même club qui m’a fait découvrir l’apnée à l’âge de 16 ans.

Après avoir partagé des entrainements et deux compétitions internationales, dont le dernier Championnat du monde avec Morgan. Une amitié s’est liée entre nous. Morgan est pour moi un ami avant tout. Une personne en qui j’ai une entière confiance. De part ses valeurs et sa philosophie, son influence n’en est que plus positive.

Arnaud et Morgan Bourc’His (phot : Charlotte Benoît)

FRANCE APNEE : Pour ta première compétition, tu valides avec aisance 96m en poids constant (CWT) au NAC (AIDA France). Peux-tu nous raconter comment as-tu vécu cette première perf’ en compétition ?

ARNAUD : Ce jour-là j’étais en tête de liste. Le premier à passer sur la ligne officiel. Il y avait du monde sur l’eau pour organiser cette compétition. Organisateurs, juges, compétiteurs, docteurs, photographes, et vidéo retransmise en direct sur internet. La mer était calme par rapport aux conditions qu’on peut avoir à Marseille. J’avais annoncé une profondeur que je maitrisais depuis peu, mais moins que mon max qui été à 98m. C’était une plongée magique du début jusqu’a la fin. Le meilleur moment qui était une première pour moi, c’était les applaudissements à ma sortie de l’eau. Je découvrais ainsi le frison que pouvait procurer la compétition !

FRANCE APNEE : Tu es quasiment à 100m pour ta première perf en compétition à seulement 21 ans. Certains athlètes mettent très longtemps à atteindre ces profondeurs, car on sait que l’apnée verticale est aussi l’école de la patience. Penses-tu avoir des capacités hors normes ? Des prédispositions naturelles à l’apnée profonde ?

ARNAUD : Les 100m n’ont pas été pour moi une barrière ou encore moins une finalité. J’y suis arrivé pas à pas, mètre par mètre. C’était important dans mon approche de valider les 100m avec aisance. J’ai opté pour la prudence, à chaque entrainement je rajoutais 1m. Je savais que je pouvais faire 3m ou 4m de plus mais il fallait que je reste concentré et ne pas me laisser avoir par la fougue de mes 21 ans. Je l’avais tellement envié ce chiffre, qu’il fallait qu’il soit parfait, inoubliable comme une première fois.

Je n’oublierais jamais ce matin-là, dans la rade de Villefranche, où j’ai percé la surface encore refroidie des eaux profondes. Ce jour-là il y avait du monde sur le bateau. On a mouillé l’ancre une première fois sur 150m. Je me prépare et au moment d’y aller le sondeur indique 100m, ce qui voulait dire qu’on avait dérivé. Il faut toujours avoir de la marge pour ne pas toucher le fond où il peut y avoir des filets de pêche. On décide de faire plonger tout le monde et de déplacer le bateau plus tard. Je reste concentré dans ma bulle. On finit par remonter l’ancre et déplacer le bateau sur 160m. Après avoir vérifié la longueur du câble pour 100m, je me mets dans l’eau prêt à partir, mais au dernier moment on m’arrête pour me dire que le bateau a encore dérivé. La mer commençait à se lever, ce qui ne rassurait pas le reste de l’équipage se mettant à ma place. Après s’être concerté sur la situation l’équipe a tout remonté à la force des bras pour finalement s’ancrer sur 180m. Cette fois c’était la bonne. Quand je suis arrivé au fond c’était comme un rêve, ouvrir les yeux à 100m donne une sensation de liberté extrême. La remontée s’est faite toute seule car je découvrais une narcose beaucoup plus dense avec des images… Je valide mon protocole avec le sourire devant Morgan et toute l’équipe. Une belle aventure collective le temps d’une journée pas comme les autres.

Le fait d’avoir commencé très tôt la chasse sous-marine, tout au long de ma croissance mon corps s’est adapté à la pression. J’ai fait des années de VTT en club soutenu par la compétition, mes muscles se sont aussi adaptés au manque d’oxygène. Mais là ou j’ai pu faire la différence c’est avec le mental et avec la démarche que j’ai mise en place dans ma progression.

FRANCE APNEE : Ta deuxième compétition est le Championnat de France FFESSM outdoor. Tu t’alignes cette fois sur le poids constant bi-palme. Pourquoi ?

ARNAUD : Le poids constant bi-palme est mon premier amour. J’en ai toujours fait depuis le début ; ce qui en étonnait plus d’un. La mode est à la monopalme, alors quand j’arrivais sur le bateau avec mon jeune âge, ma combinaison de chasse trouée et mes profondeurs ce n’était pas commun. J’ai eu ma première monopalme au printemps 2017, je m’étais entrainé avec pour essayer de comprendre le mouvement. Je voulais alors reprendre mes bi-palmes est revenir aux sources. Un choix qui m’a permis de valider un nouveau record de France et de devenir champion de France sur mon premier championnat.

Arnaud Jerald (photo : Charlotte Benoit)

FRANCE APNEE : Tes deux premières compétitions te permettent d’être sélectionné à l’international : les championnats du monde AIDA à Roatan puis les championnats d’Europe CMAS à Kas. Peux-tu nous raconter ta préparation ? S’est-elle faite exclusivement dans les eaux marseillaises ?

ARNAUD : Ma préparation s’est effectuée à Nice principalement pour les championnats du monde à Roatan. C’était un beau moment en équipe entre la piscine, la randonnée dans le Mercantour et la musculation en salle, des séances d’assouplissements avec mon kiné et bien sur des sorties mer profonde. Je suis rentré à Marseille une semaine avant le championnat pour voir ma famille avant le départ.

Quand je suis rentré des Championnats du monde, j’ai passé la plupart du temps sur mon VTT dans les collines de Marseille. Pendant trois semaines j’ai fait du VTT et j’ai vu mes amis. Je voulais juste profiter et m’entrainer.

Arnaud et son mentor Florent Pascal alias Flocop au Massilia Sub

FRANCE APNEE : A Roatan pendant les entraînements officiels tu valides 105m CWT pourtant lors de la compétition tu ne parviens pas à valider ton premier 100m. Que s’est-il passé ? Peux-tu nous raconter aussi cette fameuse plongée à -105m ?

ARNAUD : Lors de mes 105m je suis resté bloqué pendant 10 secondes au fond à cause d’une longe. J’ai dû me déloger et remonter sans. Je commençais à être de plus en plus narcosé à cause du stress et du temps resté au fond. A ce moment-là, je me suis dit que je ne reverrais jamais plus la surface, c’était fini. J’étais dans l’espace. Mais j’ai tenté le coup, je suis remonté en essayant de garder le contact visuel avec le câble. La veille il y avait eu pas mal de courant. J’avais l’impression d’être dans un cauchemar.

On dit souvent que la vie nous apprend à vivre et que l’on apprend de nos expériences. Certaines sont « extrêmes » et nous poussent dans nos retranchements les plus profonds, voire insoupçonnés. Cette situation exceptionnelle s’impose à nous. Nous devons y faire face et prendre des décisions, lourdes de conséquences et dans une urgence vitale, moins de 10 » et à -105 mètres. Lors de la remontée, apprendre à se connaitre, même se découvrir devient alors de l’ordre du voyage intérieur vers la lumière.

Vers 30m je vois les apnéistes de sécurité qui viennent à ma rencontre, je me dis que ça peut le faire. Quand je perce la surface, je valide mon protocole, présente le tag aux juges. Ma plongée est validée, j’explose de joie, content d’être là avec tout le monde.

J’ai pris une semaine de repos avant mon passage officiel. J’ai fait un entrainement deux jours avant sur 90m pour reprendre de bonnes sensations. Après avoir longuement partagé avec l’équipe sur mon annonce, on en conclut que faire 5m en moins que mon max est suffisant. J’annonce 100m sans crainte et avec confiance. Mais des fois il faut prendre en compte l’inconscient, j’avais encore mon incident en tête. Ma plongée se passe comme je voulais mais au moment du protocole je manque de lucidité. Je ne prends pas le temps de respirer et effectue un protocole par réflexe dos aux juges, puis une deuxième fois face aux juges en ayant touché l’eau avec mon visage entre deux. A ce moment là je comprends, les juges me donnent un carton rouge. Je suis dans l’incompréhension totale moi qui avais essayé de penser à tout pour assurer cette plongée. Je détache ma longe, passe devant Morgan qui plongeait juste après moi. J’en ai pleuré comme un gamin qui venait de se faire briser son rêve sur son premier championnat du monde.

FRANCE APNEE : Comment as-tu digéré ce carton rouge pour rebondir et passer à la suite ?

ARNAUD : Je suis passé à autre chose en gardant que les points positifs de cette compétition et ce que j’en avais appris de par cette expérience. Je me suis donné un objectif, avoir deux cartons blancs aux championnats d’Europe. C’est ce que j’ai fait, en validant un nouveau record de France et une médaille de bronze.

FRANCE APNEE : Quatrième compétition de la saison pour toi avec l’équipe de France fédérale cette fois pour les championnats d’Europe CMAS. Comme pour les « France » tu t’alignes en CWT-BF. On sent que tu as un très bon feeling pour cette discipline qui revient en force. Qu’est-ce qui te plait dans cette façon de plonger « à l’ancienne » ?

ARNAUD : J’ai commencé la chasse sous-marine à l’âge de 7ans avec des palmes en plastique Décathlon. Plus tard mon père m’a acheté ma première paire de palmes longues spéciale chasse en plastique puis une plus perfectionnée de meilleure marque. Il m’a appris à nager avec et à mes 18ans, j’ai eu ma première paire en carbone. J’ai découvert l’apnée et progressé en CWT-BF alors que tout le monde était déjà à la monopalme sur des profondeurs plus ou moins importantes. La bi-palme est plus difficile que la monopalme car on fait fonctionner que les cuisses, c’était pour moi plus salvateur. Alors, j’ai voulu rester sur cette lancée et me différencier du groupe, j’en ai fait ma spécialité.

FRANCE APNEE : Lors de ces « Europe » CMAS tu améliores ton propre record de France avec 92m. Dans un premier temps, tu es donné 4e puis le classement officiel t’adjuge la 3e place. Une première médaille internationale, une bonne surprise sans doute ? Tu nous racontes cette plongée ?

ARNAUD : Pour cette plongée je voulais annoncer mon max mais avec l’assurance d’un carton blanc. J’avais validé deux fois 90m et une fois 92m à l’entrainement. C’était important pour moi, je voulais donner le maximum et ne pas avoir de regrets. Juste après être passé en poids constant mono, où j’ai validé avec aisance un carton blanc. J’ai évalué l’ensemble du déroulé de mes entrainements puis la compétition, et tout était au vert. Alors, je me suis dit que c’était le moment de tout donner. J’annonce -92m avec une assurance déconcertante pour les coachs de l’équipe de France. La veille j’étais détendu, rien à voir avec Roatan. Je voulais me faire plaisir, plonger pour moi, un défi personnel. Je n’ai même pas regardé la liste des plongées pour savoir ma place dans le classement. Quand j’ai mis ma longe sur le câble officiel, j’étais concentré sur chaque détail de ma plongée. Je prends une grande respiration et entame la descente. Je commence mon free-fall à 25m, et à partir de ce moment-là je me suis profilé les yeux fermés jusqu’à 92m. Je prends le tag, mon virage est instantané. J’entame la remontée avec un sourire du début jusqu’à la fin accentué par la narcose. Je n’ai pas envie de respirer, je ne sens pas l’acide lactique monter dans mes muscles. Je croise Adnan un apnéiste de sécu, je me concentre sur lui et lui fais un vrai sourire, celui avec les dents. Je contrôle que je sorte bien face aux juges avec un léger coup d’œil. Je me laisse glisser sur les 10 derniers mètres et perse la surface. Je reprends mon souffle, et là je vois tous les athlètes et les organisateurs les yeux rivés sur moi. Je fais le signe OK toujours avec le sourire et hurle un « I am OK » comme pour laisser exploser ma joie, ce qui en a fait rire plus d’un. Le carton blanc se présente devant moi, S’ensuit un tonnerre d’applaudissements. Quand je remonte sur le bateau, j’ai droit à des félicitations de tous les coachs et les athlètes présents ce jour-là. C’était comme dans un rêve. Je pulvérise mon record de 9m. Et j’apprends par la suite que je suis médaillé de bronze pour mon premier championnat d’Europe, le premier championnat d’Europe CMAS. Une belle journée quoi.

FRANCE APNEE : En quelques mois, tu as côtoyé les champions du circuit AIDA international et ceux du circuit CMAS (certains sont les mêmes). Que retiens-tu de ces rencontres ? Qu’est-ce qu’elles t’ont apporté ?

ARNAUD : C’est toujours un plaisir de rencontrer des personnes aussi passionnées que soi. Découvrir des athlètes qui font des compétitions depuis des années. Ou bien partager avec eux sur des sujets qui n’ont rien avoir avec l’apnée. Apprendre de leurs expériences et faire de nouvelle rencontre. Voilà ce que ça m’a apporté.

Aranud, médaille de bronze en poids constant bi-palme lors de "Europe" CMAS 2017

FRANCE APNEE : Le monde de l’apnée est en train de découvrir une jeunesse très prometteuse. A 21 ans tes performances sont déjà de très haut niveau, mais on pourrait citer aussi Antonio Mogavero qui à 20 ans seulement a validé 90m CWT aux « Europe » CMAS. As-tu discuté avec le jeune italien ?

ARNAUD : J’ai découvert Antonio sur les championnats d’Europe. Il est très vite venu me parler sachant qu’on était les deux plus jeunes. On a lié amitié facilement tout au long de la compétition. Je pense qu’il a un bel avenir dans le monde de l’apnée. Ca fait aussi plaisir de rencontrer des personnes de son âge sur de telles compétitions. Ce que j’ai apprécié chez Antonio c’est que je n’ai ressenti aucune concurrence entre nous. L’apnée profonde va voir arriver des apnéistes de plus en plus jeunes avec un niveau élevé. Notre sport évolue sur une courbe montante. Qu’en sera-t-il du niveau mondial dans 10 ans ?

Arnaud et Antonio

FRANCE APNEE : Est-ce que des grands champions comme Molchanov, Colak … sont venus à ta rencontre pour parler de tes débuts en compétition ?

ARNAUD : J’ai eu l’occasion de partager à plusieurs reprises avec Alenka (ndlr : Artnik) et Alexey sur ces championnats d’Europe. Ils m’ont vraiment encouragé à continuer à être comme je suis avec ma démarche. Ce sont deux personnes que j’apprécie tout particulièrement, non pas pour leurs titres ou records, mais tout simplement pour l’image qu’ils renvoient chacun de leurs côtés de façon différente.

C’est important d’avoir la reconnaissance de ses paires pour passer le relais un jour. Cette passion mêle tous les niveaux, de celui qui plonge dans 1m d’eau pour voir les poissons à celui qui descend à 129m . Les vrais champions ne font pas de différence et c’est là toute la beauté de la chose.

Alexey Molchanov et Arnaud

FRANCE APNEE : Un titre de champion de France, deux records de France (CWT-BF), une médaille internationale. On peut dire que l’entrée en matière fut excellente. Ce palmarès, déjà respectable, va t’imposer à définir  sans doute des objectifs plus précis pour 2018. Y as-tu déjà réfléchi ? Peux-tu nous en dire plus ?

ARNAUD : Mon prochain objectif pour 2018 se profile, peut être une participation au Vertical Blue. C’est une compétition que m’a tapée dans l’œil dès le début, des conditions optimales, une super ambiance dans un cadre paradisiaque . Un championnat du monde CMAS et d’autres compétitions. Cette année je vais pouvoir m’entrainer beaucoup plus car l’année dernière j’ai dû me concentrer sur mon examen du BTS. J’y vois un peu plus clair sur ma préparation avant une compétition.

FRANCE APNEE : Tous les jeunes champions ont un modèle, un maître à penser. Quel est le tien ?

ARNAUD : Depuis que j’ai découvert l’apnée je n’ai jamais eu de modèle. Chaque athlète est différent. En apnée cette différence est d’autant plus remarquable. Je veux vivre ma propre aventure sans avoir besoin de ressembler ou d’imiter.

FRANCE APNEE : Verra-t-on Arnaud Jerald s’aligner en compétition piscine ou resteras-tu un puriste de la mer comme certains athlètes ?

ARNAUD : Je ne connais pas vraiment le monde de l’apnée en piscine que ce soit en compétition comme à l’entrainement. Cette année je vais commencer à m’entrainer en piscine avec le Massilia Sub. Mais je ne pense pas faire de la compétition en bassin de 50m un jour. La mer m’apporte une telle sensation de liberté et de plaisir. J’aime être dans un milieu naturel et extrême à la fois. Dans toutes les piscines du monde, on ne trouvera pas cette sensation.

FRANCE APNEE : Le mot de la fin …

ARNAUD : Tenir dans la durée, garder la faim et surtout se faire plaisir. Et à chaque moment, quel que soit l’endroit où l’on se trouve, pouvoir se dire  » On n’est pas bien là !  »

Propos recueillis par Nicolas Proquin pour France Apnée (octobre 2017)

à 1800m ...

de -100m sous la mer à 1800m d’altitude … (photo : Charlotte Benoît)

 

 

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