Le web magazine 100% Apnée Saturday - Jan 20, 2018

Under the mountain


la mescla 2

Michel D. alias NOX nous emmène cette fois dans les entrailles de la terre pour une plongée extrême en apnée. C’est dans le siphon n°1 de La Mescla que NOX a réalisé avec son équipe cette vidéo « Under the mountain » qui contraste avec les agachons profonds en mer dont il nous a habitué.

Après une intro un peu déjantée à la NOX, laissez-vous emporter dans ce voyage à couper le souffle. Claustrophobes s’abstenir !

 

Pour aller plus loin …

source : Y. Creac’h (Club Martel, Nice), Didier Sessegolo et Eric Establie

Situation

Entrée supérieure sur la N 202 allant vers Castellane, après son Intersection avec la N 205 allant à Saint-Etienne de Tinée. L’entrée se situe dans la falaise surplombant la N 202, au fond d’une sorte d’abri sous roche peu profond. 4 m au-dessus de la route, entre deux tunnels et 60 m avant le tunnel amont. Entrée inférieure 30 m avant le tunnel, au niveau du Var et entre la route et la ligne de chemin de fer.

Description

mescla coupe integrale
mescla 1

Grotte extrêmement compliquée, faisant parfois figure de véritable labyrinthe. Se développant dans des strates très inclinées, les galeries font des cheminements en dents de scie et il est souvent difficile de faire la distinction entre galènes et puits, ces derniers étant toujours fortement inclinés, car creusés aux dépens des strates.

mescla partie 2 de la plongée

Pénétrant par l’entrée inférieure, on parcourt une série de galeries d’assez bonnes dimensions dont la partie inférieure est parcourue par une rivière au débit moyen de 20 l-s. formant de profonds bassins sans courant apparent. De nombreuses ramifications permettent de l’éviter en grande partie jusqu’à un point situé a une soixantaine de mètres de l’entrée où l’emploi d’un bateau est indispensable. Ce point correspond au débouché d’un puits venant des étages supérieurs. Cet étage est encore pénétrable sur une trentaine de mètres jusqu’à un siphon, situé 1 m environ plus haut que l’entrée, la rivière étant absolument plane.
Ce dernier siphon fait l’objet de plongées en 1955. 1956. 1964 et 1965. Un passage noyé long de 12 m et pro-fond de 8 m est suivi d’une partie à l’air libre se terminant en salle à 70 m du départ. La galerie siphonne à nouveau et se transforme en un puit subvertical descendant vers -30 avec un palier à -24. Au-delà est une galerie noyée, légère-ment remontante. 300 m de siphon ont été reconnus en 1972. Quelques mètres après le fond du puits remonte une cheminée se rétrécissant en fissure reconnue jusque vers -5. Il y a des stalactites et des stalagmites dans ces parties submergées jusque vers -8m.

L’entrée supérieure, doublée sur 25 m par un boyau, arrive à un carrefour important, après 40 m. En restant sensiblement au même niveau, on a, en gros, 2 galeries parallèles avec diverses dérivations, des cheminées généralement aveugles 10 à 15 m plus haut et des puits descendant à la rivière en amont et en aval du siphon cité plus haut. De longs boyaux très compliqués et ramifiés, avec encore des puits, mènent à la partie amont de ta rivière qui s’étale en un labyrinthe de galeries et de siphons impossible à décrire en détail. Le dernier siphon amont, au-delà duquel aucune galerie sèche ne permet d’accéder, est celui décrit plus haut.

la mescla

Revenant au carrefour, si l’on prend à l’E, on trouve une galerie descendante, parcourue en saison pluvieuse par un ruisselet et se terminant par un siphon. Mais peu après son origine, une cheminée de plafond mène 20 m plus haut dans un étage supérieur long de plusieurs centaines de mètres, formé de galeries de section généralement circulaire ou elliptique, avec quelques dérivations, et qui s’arrêtait à un nouveau siphon à + 27 m : le siphon Spada. Ce siphon fut d’abord vidé, puis détruit à la mine par le Club Martel et l’entreprise Spada sur 7 m de long, donnant ainsi un passage à peu près permanent.
Au-delà, la galerie continue sur une cinquantaine de mètres, puis s’arrête au bas d’un vaste puits de 12 métrés équipé actuellement d’échelles fixes. Au sommet, on redescend jus-qu’au bord d’un bassin siphonnant : le lac Suspendu, On peut le contourner en revenant au siphon Spada en amont duquel prend au plafond une galerie très argileuse et tortueuse, montant raide, puis descendant et débouchant dans la suite du réseau principal en amont du lac Suspendu. Ce dernier a subi un commencement de vidange par destruction de sa margelle amont, mais le travail n’est pas achevé.

Le réseau continue en pente, se divise en 2 branches, dont la gauche siphonne tout de suite. Une plongée sur 15 m n’a même pas permis d’atteindre son point bas. La branche droite, ou Galerie du Bidet, passe un ancien siphon vidé puis se termine elle aussi par un siphon où aucune tentative n’a encore été faits. Une rivière de débit relativement constant parcourt le niveau inférieur de la caverne. Le débit généralement voisin de 30l/s monte à 200 ou 300l/s en saison pluvieuse. Cependant, lors des très longues et fortes pluies, elle peut monter jusqu’à 3000 l-s environ, envahissant alors une partie des galeries inférieures et montant de près de o4 m immédiatement en aval du dernier siphon amont. Lors de ces crues, la température descend à 12° environ et l’eau a un goût normal ; mais en période d’étiage, l’eau est à une température de 18 à 21″ avec un goût légèrement salé. L’explication semble devoir être trouvée dans l’hypothèse d’une source thermale de débit constant, assurant la pérennité de l’écoulement, à laquelle se mêlent les eaux venant de la sur-face et variant suivant les précipitations. Le décalage entre les variations des pluies et celles de la rivière implique un réseau très long et alimenté seulement pas d’étroites fissures depuis la surface. Le bassin d’alimentation doit être limité par la faille coupant le Mont Vial vers le S, entre Malaussène et le Reveston.

Karstologie

Oxfordien de faciès Dauphinois, bancs de rognons de chailles dans plusieurs strates, apparaissant en relief dans les parois des galeries. Pendage d’environ 50 grades vers l’W-N-W. La présence de stalagmites noyées sous 8 m d’eau dans le dernier siphon de la rivière indique que ces galeries situées sous le niveau du Var furent à sec. Il existe donc certainement un réseau inférieur inconnu, noyé ou engravé par un exhaussement du lit du Var atteignant au moins une dizaine de mètres.

Recommandations

La cavité est dorénavant fermé par une grille, dont la clé est disponible auprès du Comité Départemental de Spéléologie. Un baudrier et des longes sont bienvenus pour s’assurer dans certains passages exposés.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *