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Le cerveau de Guillaume Néry analysé


cerveau Nery

Liège – Belgique avec le Professeur Steven Laureys et son équipe du Coma Science Group. Guillaume Néry a été le cobaye de plusieurs expériences sur le fonctionnement du cerveau en apnée: Tout d’abord une IRM fonctionnelle pour déterminer d’éventuelles lésions suite à 20 ans d’apnée à haut niveau, puis une nouvelle IRM sur une apnée de 6min30sec, quelques expériences d’hypnoses et enfin une dernière apnée de 7min 15 sec enregistrée avec un EEG muni de 250 capteurs.

Résultats…

Retenir sa respiration de longues minutes à plusieurs dizaines de mètres sous l’eau, c’est la vie de Guillaume Néry. Champion du monde français de plongée en apnée, il peut aujourd’hui descendre jusqu’à -126 mètres. C’est un passionné pour qui les mers et les océans représentent une expérience hors du commun, comme il l’explique: « On éprouve des sensations de bien-être. C’est le seul endroit sur terre où on peut flotter. Moi, je ressens cette sensation de voler, voler pour moi, c’est un de mes plus grands rêves et je peux assouvir ce rêve-là sous l’eau. »

nery cerveau

Situation extrême

Mais retenir son souffle est-il sans risque? Et des milliers d’heures d’apnées peuvent-elles influencer le fonctionnement cérébral? Pour le savoir, le champion s’est prêté à plusieurs tests. Il a notamment réalisé une apnée de sept minutes dans un IRM à Liège, une expérience inédite. Le professeur Steven Laureys, médecin au service de neurologie au CHU de Liège et directeur de recherches au FNRS explique: « C’est la première fois qu’on arrive à faire ça dans des conditions de laboratoire, dans une machine, un scanner, avec toutes ces électrodes sur la tête. Et donc, ça nous aide à mieux comprendre le fonctionnement cérébral lors d’une situation extrême, ne pas respirer plus de sept minutes, on peut dire que c’est extrême. » Guillaume Néry trouve que c’est passionnant de croiser son ressenti, ses intuitions avec une réalité scientifique: « Ce qui m’intéressait particulièrement dans cette étude, c’est que le cerveau, finalement, c’est un des derniers domaines explorés dans notre activité. Et donc, pouvoir être avec le professeur Laureys, un des premiers à explorer cette voie-là, c’est passionnant. »

Apport sanguin

Les premières conclusions des tests réalisés ont montré que le cerveau de Guillaume Néry est intacte. Mais grâce à ces expériences, le professeur Steven Laureys espère également pouvoir en apprendre davantage sur le cerveau et sur son fonctionnement: « Il y a l’intérêt physiologique, qu’est-ce qui se passe quand le cerveau a tous ces changements au niveau de l’apport sanguin en oxygène. Deuxième intérêt, c’est que cela va produire un état modifié de conscience. Donc, ça aussi, pour nous, c’est intéressant, est-ce qu’on peut reproduire cela dans un contexte de laboratoire et en même temps voir ce qui se passe dans son cerveau, ce qui nous aide à mieux comprendre comment le cerveau produit des pensées et aussi ses modifications, comme on peut aussi le voir en méditation. »

 

On ne peut pas aujourd’hui affirmer que l’apnée prolongée est sans danger uniquement avec les tests de Guillaume Néry. Mais cette expérience aura eu le mérite de faire progresser la science, même rien qu’un peu grâce à son caractère inédit.

 

Par Benjamin Carlier et Natacha Mann pour la RTBF

( https://www.rtbf.be/info/regions/liege/detail_inedit-le-cerveau-d-un-champion-du-monde-de-plongee-en-apnee-analyse-a-l-ulg?id=9208702 )

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