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INTERVIEW EXCLUSIVE: les projets de Morgan Bourc’His pour 2014


Photo : Nicolas Proquin

INTERVIEW FRANCE APNÉE du 13 mars 2014

Morgan, il y a quelques mois tu avais communiqué sur une blessure qui t’avait contraint de revoir ton entraînement. Notre première question sera donc: comment vas-tu?
J’avais développé une tendinite rotulienne à cause d’une surcharge d’entraînement (travail en squat complet notamment). Je ne vais pas trop mal même si je ne suis pas complètement guéri. J’ai continué à m’entraîner assez intensément en étant suivi régulièrement par mon kiné. Donc toute cette consolidation prend plus de temps mais j’ai gardé un niveau physique important. J’ai repris le trail en janvier, ainsi que le vélo, j’ai continué le travail sur les membres inférieurs en salle en l’adaptant.

Pour ceux qui n’auraient pas suivi l’actu de l’apnée en 2013, on rappellera que tu es devenu champion du monde de poids constant sans palme (CNF) grâce à une performance de -87m.
Qu’est-ce qui a changé pour toi depuis ce titre suprême?
Je suis professeur d’EPS dans le milieu spécialisé avec des enfants et des adolescents ayant des troubles du comportement et des troubles psychiatriques. J’ai la chance d’être passé à mi-temps au sein de l’institution dans laquelle je travaille car ce titre m’a apporté des partenaires financiers supplémentaires. J’ai diverses collaborations qui se mettent en place, dans plusieurs domaines : consulting et conférences en entreprise, publicité, stages. Je peux m’entraîner davantage et surtout mieux récupérer. Je suis en train de vivre de mon sport progressivement avec mon image. On me sollicite pour divers parrainages.

Morgan en CNF photo : Igor Liberti

Morgan en CNF
photo : Igor Liberti

Il n’a pas échappé à la rédaction de France Apnée que tu es inscrit le 16 mars prochain à l’indoor de la Ciotat. Quelles sont tes motivations? Est-ce que tu souhaites y valider une ou deux performance(s) indoor en vue d’une éventuelle sélection par AIDA France pour participer aux championnats du monde par équipe?
Je n’ai pas de prétentions particulières, je reviendrai d’un camp d’entraînement en altitude donc je serai sûrement encore un peu marqué par la charge de travail, on verra ce que ça donnera. Et puis j’y vais vraiment pour moi, pour avoir quelques marques et voir du monde. Si j’ai de bons résultats j’en serai ravi mais je n’ai aucune pression vis à vis des sélections AIDA notamment. Je n’ai pas pour objectif de participer au championnat du monde AIDA par équipe.

Pourquoi ne souhaites-tu pas participer aux mondiaux par équipe qui se tiendront en Sardaigne en octobre prochain?
Je dirai que j’ai déjà donné, j’en ai fait quatre depuis 2006 avec trois podiums à la clé et un titre de champion du monde en 2008. La préparation pour ce type d’événement est épuisante. Il faut s’entraîner dans ces trois disciplines qui sont tellement différentes, avec la composante mer qui est aux antipodes de la piscine. Je souhaite voir autre chose, participer à nouveau à des meetings prestigieux comme le Verticalblue, collaborer à des missions scientifiques avec Longitude181 notamment, participer à des tournages sous-marins avec des amis apnéistes. Bref, me diversifier dans ma pratique. Mais je continue à m’entraîner sérieusement.

Pour mémoire, ton record de France en CNF est de 89m, le record du monde du William Trubridge est de 101m. Est-ce que tu envisages d’aller chercher le King d’ici un an ou deux?
C’est une éventualité que je me permets d’envisager, en toute modestie et avec toute l’humilité qu’il se doit face à une telle performance. Je ne vais pas m’entraîner avec la volonté absolue de battre ce record. Je vais améliorer mes marques personnelles pour moi uniquement, parce que la volonté de connaître son propre potentiel est source de motivation et de dépassement. Et puis si un jour je vois que ce record est à portée de brasse, alors je me dirai pourquoi pas. J’appellerai tous mes amis proches du monde l’apnée, et je le tenterai. Mais ce record n’est surtout pas une fin en soi.

Avec Guillaume Néry, Aurore Asso et quelques uns on peut dire que tu fais partie des « anciens » du circuit de l’apnée française et mondiale. Quel regard as-tu sur cette nouvelle génération d’apnéistes qui percent à haut niveau en deux ans?
Je porte un regard admirateur. Plusieurs apnéistes en France et partout dans le monde percent très rapidement dans les diverses disciplines. Je pense que la pertinence des entraînements s’est considérablement améliorée. L’accès aux divers spots en mer notamment à travers le monde s’est démocratisé. Si j’ai pu en inspirer quelques uns tant mieux, je suis fier d’avoir pu participer au développement de cette discipline avec mes petites singularités. Et j’espère encore pouvoir apprendre de cette nouvelle génération. Mais attention de ne pas aller trop vite, en général on ne dure pas dans le temps, on s’épuise et on peut se faire mal.

L’apnée est un sport très dur, tant au niveau physique qu’au niveau mental? Qu’est-ce qui t’a permis de durer à haut niveau depuis toutes ces années?
J’ai participé à ma première compétition en 2001 à Marseille, d’ailleurs j’étais dans l’organisation aussi. Ma première compétition internationale était à Chypre en 2003, dans une ambiance extraordinaire. Un grand rassemblement de l’apnée comme il y en a rarement eu. Et puis j’ai eu ma première sélection en équipe de France AIDA en 2005. Je pense en être là aujourd’hui car j’ai progressé régulièrement tout au long de ma carrière, je ne suis jamais allé trop vite et je n’ai pas brûlé d’étapes. J’ai su me renouveler dans mes entraînements. J’ai eu la chance d’avoir eu une éducation sportive très jeune, basée sur le haut niveau et tout ce qui le compose : rigueur, persévérance, abnégation, patience,… J’ai su rebondir de certains échecs aussi grâce à ces valeurs. Je n’ai pas de dons ou de facilités particulières, mais je travaille. J’ai rencontré aussi des personnes chères avec qui j’ai vécu des moments sportifs extraordinaires. Et ma compagne est ma première supportrice et me permet de vivre à travers ce sport comme je l’entends, avec tous les sacrifices que cela comporte aussi.

Fred Buyle s’est mis à la photo, Guillaume Néry s’est lancé dans la vidéo, Aurore Asso s’investit dans l’environnement… et toi, quelle tournure voudrais-tu donner à ta carrière si tu devais tourner la page des records et des compétitions?
J’ai des collaborations qui se mettent en place dans divers domaines. Je pense que ce sera un mix de tout cela donc c’est très bien. Je ne suis pas acteur comme Fred et Guillaume dans leur domaine cependant, je n’ai pas leur côté artistique.
Je pense cependant que les conférences et les stages prendront une place importante en ce qui me concerne.

Quels seront tes grands rendez-vous cette année? Participeras-tu au Vertical Blue ?
Je pense que mon grand rendez-vous apnée compétition sera le Vertical blue effectivement. J’aurai probablement d’autres sollicitations, (environnementale, documentaires, artistiques) tout aussi importantes dans l’année mais c’est encore en projet.

Cette année tu vas organiser des stages d’apnée à Marseille. C’est assez nouveau pour toi. Peux-tu nous en parler?
Ces stages sont organisés en partenariat avec la société Beuchat. J’ai intégré leur équipe en début d’année, pour créer une nouvelle gamme de produits dédiés à l’apnée, valoriser mon image et aussi organiser des stages avec leur base à Marseille. Le premier aura lieu le week-end du 17 et 18 mai pour des apnéistes confirmés. L’information sera mise en ligne et disponible très prochainement. Ce sont des stages qui se dérouleront en mer bien-sûr, avec un important travail technique, dans l’eau et au sec. Et puis de l’exploration aussi, car à Marseille nous avons la chance d’avoir des sites exceptionnels.

Et enfin notre traditionnelle question, as-tu un petit mot pour les lecteurs de France Apnée?
Venez participer à mes stages à Marseille, venez découvrir des spots de plongées extraordinaires dans et au large des Calanques ! Suivez mon actualité sur mon site web www.morganbourchis.com et sur mes réseaux sociaux !
Publicité mise à part, pratiquez l’apnée en toute sécurité avec un binôme qui vous connaît et qui sait quoi faire en cas de défaillance surtout. Ne plongez jamais seul en mer, ne faite jamais d’apnée seul en piscine et prenez des initiatives en développant des structures à travers la France, peu importe l’étiquette qu’elle soit fédérale ou AIDA.

 

 

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